Vendanges, par Aloysius Bertrand
Par Antoine Peillon le mardi 13 janvier 2009, 21:34 - A plus hault sens - Lien permanent
Sonnet à Eugène Renduel (1840)
Quand le raisin est mûr, par un ciel clair et doux,
Dès l'aube, à mi-coteau, rit une foule étrange :
C'est qu'alors dans la vigne, et non plus dans la grange,
Maîtres et serviteurs, joyeux, s'assemblent tous.
À votre huis, clos encor, je heurte. Dormez-vous ?
Le matin vous éveille, élevant sa voix d'ange :
- Mon compère, chacun, en ce temps-ci, vendange.
Nous avons une vigne : eh bien ! vendangeons-nous ?
Mon livre est cette vigne, où, présent de l'automne,
La grappe d'or attend, pour couler dans la tonne,
Que le pressoir noueux crie enfin avec bruit.
J'invite mes voisins, convoqués sans trompettes,
À s'armer promptement de paniers, de serpettes.
Qu'ils tournent le feuillet : sous le pampre est le fruit.
Ce sonnet, daté du 5 octobre 1840, a été recueilli par Adolphe Jullien, Le
Romantisme et l'éditeur Renduel. Souvenirs et documents sur les écrivains de
l'école romantique avec lettres inédites adressées par eux à Renduel,
Paris, Charpentier et Fasquelle, 1897, p. 209.
Une page de Wikipédia sur A. Bertrand


Commentaires
Il y a aussi ces "Vendanges" extraordinaires de Ramuz : http://www.cepdivin.org/degustations/ramuz.html, lequel nous a aussi donné le fabuleux "Chant de notre Rhône", où les vendanges sont l'évènement génératif d'un torrent poétique !